Aider, ça use
Ce n'est pas dans ta tête, et ce n'est pas un manque de volonté. Accompagner un proche a un coût mesurable sur la santé de celui qui aide, et les chiffres sont sans ambiguïté.
des aidants déclarent au moins une conséquence sur leur santé. 37 % sur leur santé mentale, 19 % sur leur santé physique (DREES, 2024).
Quand on vit sous le même toit que la personne aidée, l'écart se creuse encore : 35 % des seniors concernés présentent des symptômes dépressifs, contre 14 % des autres. Et 39 % prennent des anxiolytiques ou des antidépresseurs, contre 27 %.
Chez ceux qui travaillent, 44 % des salariés aidants se déclarent en épuisement professionnel, contre 23 % de l'ensemble des salariés (Malakoff Humanis, 2025).
Le plus révélateur reste celui-ci : les femmes aidantes consultent leur médecin traitant en moyenne une fois de moins par an que les autres. Aider ne rend pas seulement malade, ça éloigne des soins.
Les signaux à ne pas laisser passer
Aucun n'est grave isolément. C'est leur installation dans la durée qui doit alerter.
Si plusieurs de ces lignes te ressemblent, parles-en à ton médecin traitant. Pas à celui de ton proche : au tien.
Cinq choses qui tiennent debout
Garder ton médecin
Un rendez-vous par an pour toi, noté à l'avance. C'est le premier truc qui saute, c'est le dernier qui devrait.
Protéger ton sommeil
Le manque de sommeil abîme l'humeur, la mémoire et la patience. En parler au médecin plutôt que de tenir avec des cachets.
Bouger un peu
Vingt minutes de marche comptent. Ce n'est pas du sport, c'est de l'entretien.
Garder un lien hors de l'aidance
Une personne, une activité, un endroit où tu n'es pas l'aidant de quelqu'un. Ça n'a rien d'égoïste.
Apprendre les bons gestes
Transferts, toilette, lever : mal faits, ils abîment le dos durablement. Ça s'apprend, et ça se demande.
Aucun de ces gestes ne demande du temps que vous n'avez pas. Ils demandent seulement de ne plus passer systématiquement après.
Si tu t'inquiètes pour la mémoire de ton proche
Cette partie ne concerne qu'une situation parmi d'autres. Elle est là parce que la question revient souvent, et parce qu'un repérage précoce change la prise en charge, et permet parfois d'écarter une autre cause tout à fait réversible.
du risque de démence pourrait être évité ou retardé en agissant sur des facteurs de vie, selon l'Organisation mondiale de la santé (2026).
Les leviers sont ceux de la page : bouger, bien manger, dormir, garder du lien, faire vérifier son audition, surveiller tension et diabète, rester curieux. Ils protègent l'aidant autant que le proche.
Certains signes méritent d'en parler au médecin traitant : des oublis fréquents et récents qui gênent la vie de tous les jours, se perdre dans un lieu connu, chercher ses mots au point de ne plus suivre une conversation, répéter les mêmes questions, ranger les objets à des endroits inhabituels, ou un changement d'humeur et de comportement inhabituel.
Stimuler sa mémoire en douceur
Le projet Les Jardins de Célestine propose des petits jeux de stimulation cognitive, à faire chez soi, sans installation.
Découvrir les jeux ↗Ces informations sont proposées à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur ta situation, parles-en à ton médecin. Une erreur ou une suggestion ? Écris-nous.
Sources
- DREES, Perte d'autonomie : quels effets sur la santé des proches aidants ?, Les Dossiers de la DREES n°122, 2024 (données de l'enquête CARE-Ménages). drees.solidarites-sante.gouv.fr
- Malakoff Humanis, Baromètre Fragilités 2025, étude Harris Interactive auprès de 2 060 salariés du privé. malakoffhumanis.com
- Organisation mondiale de la santé, Nouvelles lignes directrices : jusqu'à 45 % du risque de démence pourrait être évité ou retardé, 2026. who.int
- France Alzheimer, Les principes de prévention de la maladie d'Alzheimer. francealzheimer.org