Prévention

Prendre soin de toi aussi

Quand on s'occupe d'un proche, on passe après. Les rendez-vous qu'on repousse, la fatigue qu'on trouve normale. Voici ce qui doit t'alerter, et ce qui protège.

Une soignante prend la tension artérielle d'une personne assise.
Les faits

Aider, ça use

Ce n'est pas dans ta tête, et ce n'est pas un manque de volonté. Accompagner un proche a un coût mesurable sur la santé de celui qui aide, et les chiffres sont sans ambiguïté.

47 %

des aidants déclarent au moins une conséquence sur leur santé. 37 % sur leur santé mentale, 19 % sur leur santé physique (DREES, 2024).

Quand on vit sous le même toit que la personne aidée, l'écart se creuse encore : 35 % des seniors concernés présentent des symptômes dépressifs, contre 14 % des autres. Et 39 % prennent des anxiolytiques ou des antidépresseurs, contre 27 %.

Chez ceux qui travaillent, 44 % des salariés aidants se déclarent en épuisement professionnel, contre 23 % de l'ensemble des salariés (Malakoff Humanis, 2025).

Le plus révélateur reste celui-ci : les femmes aidantes consultent leur médecin traitant en moyenne une fois de moins par an que les autres. Aider ne rend pas seulement malade, ça éloigne des soins.

Chez toi, pas chez ton proche

Les signaux à ne pas laisser passer

Aucun n'est grave isolément. C'est leur installation dans la durée qui doit alerter.

Une fatigue qui ne passe plus, même après une nuit complète.
S'énerver pour un rien, ou pleurer sans savoir pourquoi.
Décliner les invitations, ne plus appeler personne, se couper des autres.
Repousser ses propres rendez-vous médicaux, ses examens, ses soins dentaires.
Des douleurs de dos ou de nuque qui se sont installées et qu'on ne soigne pas.
Avoir besoin d'un somnifère, d'un verre ou d'un calmant pour tenir la journée.
Ne plus rien avoir dans sa semaine qui fasse simplement plaisir.

Si plusieurs de ces lignes te ressemblent, parles-en à ton médecin traitant. Pas à celui de ton proche : au tien.

Ce qui protège

Cinq choses qui tiennent debout

Garder ton médecin

Un rendez-vous par an pour toi, noté à l'avance. C'est le premier truc qui saute, c'est le dernier qui devrait.

Protéger ton sommeil

Le manque de sommeil abîme l'humeur, la mémoire et la patience. En parler au médecin plutôt que de tenir avec des cachets.

Bouger un peu

Vingt minutes de marche comptent. Ce n'est pas du sport, c'est de l'entretien.

Garder un lien hors de l'aidance

Une personne, une activité, un endroit où tu n'es pas l'aidant de quelqu'un. Ça n'a rien d'égoïste.

Apprendre les bons gestes

Transferts, toilette, lever : mal faits, ils abîment le dos durablement. Ça s'apprend, et ça se demande.

Aucun de ces gestes ne demande du temps que vous n'avez pas. Ils demandent seulement de ne plus passer systématiquement après.

Un cas particulier

Si tu t'inquiètes pour la mémoire de ton proche

Cette partie ne concerne qu'une situation parmi d'autres. Elle est là parce que la question revient souvent, et parce qu'un repérage précoce change la prise en charge, et permet parfois d'écarter une autre cause tout à fait réversible.

jusqu'à 45 %

du risque de démence pourrait être évité ou retardé en agissant sur des facteurs de vie, selon l'Organisation mondiale de la santé (2026).

Les leviers sont ceux de la page : bouger, bien manger, dormir, garder du lien, faire vérifier son audition, surveiller tension et diabète, rester curieux. Ils protègent l'aidant autant que le proche.

Certains signes méritent d'en parler au médecin traitant : des oublis fréquents et récents qui gênent la vie de tous les jours, se perdre dans un lieu connu, chercher ses mots au point de ne plus suivre une conversation, répéter les mêmes questions, ranger les objets à des endroits inhabituels, ou un changement d'humeur et de comportement inhabituel.

Stimuler sa mémoire en douceur

Le projet Les Jardins de Célestine propose des petits jeux de stimulation cognitive, à faire chez soi, sans installation.

Découvrir les jeux ↗

Ces informations sont proposées à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur ta situation, parles-en à ton médecin. Une erreur ou une suggestion ? Écris-nous.

Sources