Prendre soin de soi

Prendre soin d'un proche chaque jour, jusqu'à s'oublier

Ton quotidien, c'est peut-être aussi celui de 9,3 millions de personnes en France. Elles ne le savent pas toujours. Toi non plus, peut-être.

Une femme soutient par le bras un homme âgé qui marche avec une canne, sur une rue pavée.
Reconnais-tu ta semaine ?

Ces gestes que tu trouves normaux

Tu appelles ton proche quotidiennement pour vérifier qu'il va bien, que les auxiliaires de vie sont bien passés comme prévu, qu'il a pris ses cachets. Tu connais l'ordonnance par cœur mieux que le pharmacien.
Tu dors d'une oreille. Le moindre bruit la nuit, et tu es debout. Tu ne te souviens plus de ta dernière nuit complète et réparatrice.
Tu as appris à surveiller la caméra, à vérifier deux fois que la porte est fermée, à cacher certaines choses au cas où, ou au contraire à les laisser accessibles.
Tu remplis les dossiers, tu prends les rendez-vous, tu appelles les administrations, tu expliques, tu réexpliques. Tout passe par toi.
Dernièrement, tu as encore annulé un week-end, repoussé un examen médical, laissé tomber un projet, pour rester aux côtés de ton proche, sans même en faire une histoire. C'est devenu normal.
Tu passes ton temps à répéter les mêmes consignes à tous les intervenants, parce que ton proche, tu le connais par cœur, et que votre lien va au-delà de ce qui se voit.
Tu regardes la personne que tu aimes changer, et jamais, jamais personne ne te demande comment toi, tu vas.
Le soir tu es vidé. Et le lendemain tu recommences.
Tu n'es pas seul

Nous sommes des millions à vivre ça

Si tu t'es reconnu dans ne serait-ce que trois de ces lignes, sache que tu n'es pas une exception, et surtout que tu n'es pas seul. Trois aidants sur dix accompagnent leur proche entièrement seuls. Et une immense partie, comme toi peut-être, sans avoir jamais mis un mot dessus.

9,3 millions

de proches aidants en France accompagnent un proche malade, âgé ou en situation de handicap, selon la DREES.

Parce que quand on aime quelqu'un, aider et porter assistance dans les gestes du quotidien, cela semble normal. On se dit « c'est ma mère », « c'est mon mari », « c'est mon enfant ». Et c'est justement pour ça que ça reste invisible, y compris à tes propres yeux.

Cela porte un nom

Tu es un aidant familial

Que ton proche vive avec un cancer, la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, une SLA, un handicap ou le grand âge, tu es concerné.

Car tout cela porte un nom : tu es un aidant familial.

Ce n'est pas un diagnostic, ce n'est pas une étiquette lourde à porter. C'est juste la reconnaissance de ce que tu fais déjà, tous les jours, par amour. Et le fait que ça ait un nom change une chose essentielle : cela veut dire que tu as, toi aussi, des droits.

Ce qu'il faut savoir

Aimer ne veut pas dire tout porter seul

Prendre soin de toi, ce n'est pas abandonner ton proche, ni être égoïste. C'est l'inverse. Un aidant épuisé ne peut plus aider longtemps. Souffler, te faire aider, garder un morceau de ta vie à toi, c'est ce qui te permet de tenir dans la durée. Tu as le droit de fatiguer. Tu as le droit de souffler. Et ce droit, il est même écrit dans la loi.

Ce à quoi tu as droit

Ce ne sont pas des faveurs, ce sont tes droits

Le congé proche aidant te permet de mettre ton travail en pause pour accompagner ton proche. Il est indemnisé environ 64 euros par jour, et ce temps compte même pour ta retraite.

Le droit au répit existe pour financer quelques heures ou quelques jours de relais, afin que tu puisses souffler.

Des plateformes de répit et des lignes d'écoute gratuites sont là, près de chez toi, pour t'épauler et t'orienter.

68 %

des aidants ignorent les aides auxquelles ils ont droit. Ne reste pas dans ces 68 %.

Voir en détail tes droits d'aidant ↗

Ces droits sont soumis à conditions (niveau de perte d'autonomie du proche, situation professionnelle). Les liens de cette page t'aident à vérifier ta situation.

Et maintenant

Le premier pas

Chez Les amis de Célestine, association d'aide aux aidants basée à Castelnau-le-Lez, dans l'Hérault, on va au-devant de celles et ceux qui ne se savent pas encore aidants. Aujourd'hui, c'est peut-être toi.

Tu n'as pas besoin de tout régler aujourd'hui

Un seul geste suffit pour commencer : en parler à quelqu'un. Écris-nous. On prend le temps de te lire, on te répond, et on t'aide à trouver le relais qui te correspond.

Ces informations sont proposées à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel. Une question, une erreur à signaler ? Écris-nous.

Sources